France Togo
Ca y est, on y est presque, le match a lieu à 21 heures, c’est le pied du mur, la dernière chance. Bon, et alors, et après ? Essayons de remettre les choses dans la bonne perspective. De quoi parlons nous ? Un jeu, plutôt bon enfant (1 balle et 2 équipes de 11 bonhommes qui court après, le principe fondamental étant de loger la balle entre 2 poteaux situés à chaque extrémité du terrain, le tout sans l’aide des mains, seulement avec les pieds, la poitrine et la tête).
Arrêtons nous sur les 23 bonhommes qui composent justement l’équipe de France, et tachons de faire preuve d’un peu d’empathie. De toute évidence, ces mecs sont plutôt doués pour taper dans un ballon. Et ils ont certainement bossé un peu pour être choisis. Je veux dire par la qu’ils ont du se lever le matin, se rendre à des entraînements, et à mon avis, ils en ont pas loupé beaucoup. Je suis même sur qu’il y a des fois ou il faisait froid, et qu’ils auraient préféré rester au lit. Mais bon, ils se sont fait violence sur eux même et ils y sont allés. Si ils s’étaient amusés à sécher tous les entraînements, je pense qu’on aurait choisi d’autres joueurs à leur place.
Donc, nous avons 23 gus, certainement plus doués que la moyenne pour taper dans un ballon, et raisonnablement bosseurs. Bon, bah voila, tout est dit. Maintenant, si ils gagnent le match cet aprème, tout le monde sera content, et tant mieux. Si ils perdent, bin ils perdront. Je ne vois pas de raison particulière de ne pas être content.
D’ailleurs, par quel tortueux cheminement d’esprit peut on en vouloir au perdant ? Alors on me rétorquera que ouais, ils gagnent des millions, alors il pourrait bien gagner, zut, flûte, à la fin. Mais je ne vois toujours pas le rapport. Dans un premier temps, ça m’étonnerait qu’ils soient arrivés la en disant : « si tu me donnes pas des millions, je jouerais pas ». Je pense plutôt qu’ils ont commencé par jouer, et à un moment, on leur a dit : « je vais te donner des millions parce que je trouve que tu joues bien ». Ce a quoi ils ont acquiescé. Et ils avaient bien raison. Il aurait fallu être un peu neuneu pour refuser. A leur place, vous auriez accepté aussi. Donc, à mon humble avis, le fait qu’ils soient bien payés ne justifie absolument pas une obligation de résultat.
Peut être aussi en veut on au perdant parce qu’il ne nous donne pas la satisfaction d’être le gagnant. Ah, ce serait donc ça… Un processus d’identification : ils gagnent, alors, j’ai gagné. Ils perdent, donc je perds aussi. On s’implique inconsciemment. Notez qu’il faut quand même une sacrée dose de mauvaise foi personnelle et d’égoïsme pour s’approprier la joie de la victoire de quelqu’un d’autre, tout en lui reprochant la défaite le cas échéant.
Et il faut bien l’admettre, en vouloir au perdant, si on y pense bien, ça ne rime à rien. C’est comme affirmer que le rouge est plus beau que le bleu, ou encore essayer de résumer la Marseillaise, voire prétendre que la musique de Mozart est salée. Ca n’a pas de sens. Ce qui m’amène à la conclusion suivante : allez y les gars, faite de votre mieux, je serais content si vous gagnez, et si vous perdez c’est pas grave, c’est qu’un jeu, ya pas mort d’homme.