Les voyages de Corto Maltese

Publié le par Louis Sipher

Corto Maltese est né le 10 juillet 1887 à Malte, d’une mère gitane espagnole et d’un père marin de Cornouailles. Il serait très réducteur de comparer Corto à l’ancêtre du routard moderne, mais c’est pourtant ce que nous allons faire ici, en détaillant les nombreux voyages qu’il aura eu l’occasion d’effectuer :

Quelques mois après sa naissance, sa mère s’installe à Cordoue, ou il restera jusqu'à ses 12 ans.

Il retournera ensuite à Malte parfaire son éducation. Il étudiera à l’école juive de La Valette.

Bien que nous manquions de détails à ce sujet, on rapporte qu’il effectuera un premier voyage à Pékin en 1900. Il est alors âgé de 13 ans.

De retour à Malte, il embarque à 17 ans à bord d’une goélette, la « Vanité dorée ». Il part alors pour Tanger, au Maroc, rebrousse chemin, et débarque finalement à Alexandrie (fin 1904). Sa route le mène ensuite au Caire, puis à Ismaïlia ou il rejoint la « Vanité dorée ».

De là, il naviguera jusqu’en Asie en passant par Aden, Mascate, Karachi, Bombay, Colombo, Madras, Rangoon, Singapour, Kowloon, Shanghai, T’ien Tsin et enfin Pékin.

En 1905, il embarque à nouveau depuis la Chine à destination de l’Afrique, mais l’équipage du navire sur lequel il se trouve se mutine. Il est abandonné dans un canot de sauvetage, et sera finalement recueilli par un cargo, qui le déposera finalement a Valparaiso, au Chili.

Il partira ensuite pour l’Argentine. Nous sommes alors en 1906, Corto a peine 20 ans, et il a déjà quasiment fait le tour du monde.

On manque cruellement d’information quant à la période 1907-1913. On sait qu’il était en Italie en 1907, probablement à Marseille en 1909, au Mexique en 1910, et à Tunis en 1911. Cette même année, il embarque à Londres à destination de l’Amérique du sud, pour finalement débarquer à Salvador de Bahia.

On le retrouve du coté de l’Indonésie durant l’année 1913. Comment est il arrivé là depuis le Brésil, nous l’ignorons. Il passera l’année 1914 à écumer le Pacifique, autour de l’île Escondida, par 169°W et 19°S. On sait qu’il débarque en février 1915 sur l’Ile de Pitcairn, toujours dans le Pacifique, mais à 4600 milles nautiques d’Escondida.

Il part ensuite pour l’île de Pâques, puis Sala y Gomez, avant d’atteindre le port d’Iquique au Chili. Puis ce sera Calao, Guayaquil en Equateur, puis Panama et l’archipel de San Blas.

Quelques mois plus tard, il est à Paramaribo, en Guyane Hollandaise (aujourd’hui nommée Surinam). En 1916, il visitera Itapoa au Brésil. Des témoignages dignes de foi confirme sa présence à St Kitts dans les caraïbes en février 1917, puis un peu plus tard au Venezuela, au Honduras et au Pérou, en passant par la forêt amazonienne.

A l’automne 1917, c’est sur l’île San Francisco del Deserto, près de Venise, qu’on le retrouve. De la, ce sera l’Irlande et l’Angleterre, puis la France. Il sera sur le front de la Somme en avril 1918.

Ses voyages le mènent ensuite en Afrique orientale, et sur les rivages de la mer rouge. Son passage est confirmé au Yémen du sud et au Tanganyika.

En novembre 1918, il est de nouveau à Hong Kong. C’est ensuite Shanghai en décembre 1918, avant un périple dans les steppes qui durera jusqu’en février 1920, ou il est de retour a Kharbin, non loin de la frontière coréenne. Et c’est à Venise qu’il se rendra finalement au mois d’Avril.

Il repart ensuite de Venise via Rhodes vers l’Anatolie et l’Orient. On le retrouve dans divers endroits de ce que l’on nomme aujourd’hui le moyen orient durant l’année 1922: Adana dans l’actuelle Turquie en Janvier, à Van en Arménie en Mars, à Bakou sur les rivages de la mer Caspienne en Juin, près de Boukhara au Turkestan en août, à Samarkand et finalement au Kâfiristân, à la frontière entre l’Inde et l’Afghanistan en Septembre.  

Il est de retour à Buenos Aire, en Argentine, en 1923. On perd finalement sa trace en 1924, alors qu’il séjourne en Suisse. Il est alors âgé de 37 ans. Personne ne sait ce qu’il advient de lui par la suite…

Pour toute questions que vous pourriez avoir au sujet de Corto, je vous invite à vous adresser à Hugo Pratt, qui est sans aucun doute le plus éminent spécialiste de Corto Maltese.


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Publié dans Lectures

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